Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 22 mars 2004
Élections

Régionales : coup d'arrêt à la hausse continue de l'abstention depuis 1986

La hausse continue de l'abstention, lors des trois premiers scrutins régionaux, a marqué le pas dimanche au premier tour des élections régionales, avec un taux d'abstention estimé au maximum à 40%, contre 42,3% lors de l'édition de 1998. Selon les dernières estimations des instituts de sondage, le taux d'abstention s'inscrirait à 38,3% pour IPSOS-DELL, à 39% pour la SOFRES et à 40% pour l'institut CSA. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est réjoui de cette évolution. Commentant les chiffres globaux de la participation tant aux régionales qu'aux cantonales (61% environ), il a noté que la mobilisation des électeurs dimanche "vient interrompre une évolution de la participation (...) globalement à la baisse depuis 1986. C'est une première. Il convient de la souligner et naturellement de s'en féliciter". Parmi les plus forts taux d'abstention, se trouvent surtout des villes et en particulier Roubaix (53,69%), Châlons-en-Champagne (49,88%), Mulhouse (48,79%), Lille, (47,78%), Reims (47,67%), Toulon (46,37%), Le Havre (45,49%), et Strasbourg (44,15%). Dans le peloton des "bons élèves", on note pêle-mêle villes et départements: la Lozère (26,30% de taux d'abstention), Ajaccio (28,97%), le Gers (30,64%), le Tarn (30,93%), les Alpes-de-Haute-Provence (31,01%), les Côtes-d'Armor (33,27%), les Hautes-Pyrénées (33,88%), Limoges (34,63%), le Puy-de-Dôme (34,75%), la Charente (36,13%), le Cantal (36,23%) ou encore Aix-en-Provence (36,88%). Dans le département de la Corrèze, le taux d'abstention au scrutin régional est plutôt modeste: 31,15%. A Paris, les premiers résultats connus faisaient apparaître une participation contrastée. Dans le 5ème arrondissement, un électeur sur trois (33,79%) s'est abstenu, tandis que dans le 8ème arrondissement, quatre électeurs sur dix n'ont pas pris le chemin des bureaux de vote (40,79%). La participation était l'une des interrogations majeures de ce scrutin car la courbe de l'abstention n'avait cessé de progresser depuis la première fois où les Français ont élu leurs conseillers régionaux en 1986 : il était ainsi passé de 22,1% à 31,4% en 1992 avant d'atteindre les 42,3% en 1998. A Eywiller, un village alsacien stigmatisé pour avoir donné un score record au Front National au 1er tour de l'élection présidentielle de 2002, l'abstention, préconisée par le maire, a atteint 80,39% des électeurs. Le 21 avril 2002, dans ce village, sur 207 inscrits, Jean-Marie Le Pen, avait obtenu 63 voix, soit 45,6% des 138 suffrages exprimés.<

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